Des changements au XIX ème siècle…

La couleur brune prédominait vraisemblablement au XIX° siècle. Un dessin, paru dans « l’acclimatation » en 1909, représente des moutons d’Ouessant noirs devant un gwasked.

En Bretagne dominent des représentations de moutons noirs, au gabarit modeste :

Cette ancienne carte postale datant du début du XX° siècle représente la cour d’une ferme bretonne ou nantaise.Cette ancienne carte postale datant du début du XX° siècle représente la cour d’une ferme bretonne ou nantaise. Dominique Morzynski situe le document avant 1906. Toute information pour mieux localiser ce cliché sera la bienvenue. Les animaux représentés ont une morphologie générale rappelant incontestablement celle du mouton d’Ouessant. Cependant, monsieur Morzynski qui a conduit une analyse détaillée, remarque que certains animaux sont un peu grands. D’autres, à l’arrière-plan, semblent plus petits, mais il n’est pas aisé de différencier les agneaux et les adultes. Il est également à noter que les queues sont trop longues. Probablement ces animaux sont-ils des hybrides.

Il y a un siècle, les paysans élevaient des moutons un point c’est tout. Leurs animaux évoluaient en forme et en couleur, au gré des hasards de la génétique et sous l’effet d’une sélection humaine consciente, parfois inconsciente. D’ailleurs les moutons qui vivent actuellement sur l’île d’Ouessant n’ont plus qu’une vague ressemblance avec leurs ancêtres du début du XX° siècle. Cette évolution rapide est la démonstration incontestable qu’une race locale n’est stable dans son aspect que si les éleveurs souhaitent l’y contenir.

Bergère et son troupeau - Peinture de Paul Gauguin

Paul Gauguin "Bergère et son troupeau", 1886-87. Musée du Petit Palais, Paris.

Ce modelage de Gauguin représente encore 4 noirs ! Choix de l’artiste de montrer des moutons noirs ou réalité historique ?

La bergère Bretonne - Peinture de Paul Gauguin

Paul Gauguin - La Bergère bretonne, 1886.

Cette peinture (« La Bergère bretonne ») est réalisée du côté de Pont Aven en 1886. Bien que les artistes transforment la réalité, cette représentation de bergères bretonnes est intéressante car Gauguin choisit de montrer dix moutons dont huit sont des noirs. Ils sont d’un gabarit modeste. La morphologie de la brebis noire de profil, avec une tête fine et un cou allongé, est à rapprocher de celle du mouton d’Ouessant. Le blanc au premier plan possède une tête forte, une laine abondante sur la queue.

Le tournant semble se situer vers les années 1904-1910, avec l’importation de moutons blancs (des monts d’Arrée ?). Les toisons blanches, faciles à teindre avec l’apparition dans le commerce de détail de teintures commodes d’emploi, sont probablement recherchées par les Ouessantines. Une carte postale du marché d’Ouessant, oblitérée en 1914, montre d’ailleurs une majorité de blancs.

Après la première guerre mondiale, avec l’élargissement des marchés et le développement des lourdes races anglaises, les métissages s’intensifient. (Il se dit aussi, que transportés par le cargo « le Mykonos » qui fit naufrage sur Ouessant, des moutons de race grecque auraient achevé le métissage. Ce fait n’est ni clairement daté, ni démontré).

On considère que le mouton nain disparaît totalement du paysage de l’île entre 1925 et 1930. Les moutons actuellement visibles à Ouessant ne ressemblent plus à ceux d’il y a 100 ans.

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